Humaniser la mondialisation: consolider l’aide au développement

« La mondialisation apporte un dynamisme économique sans précédent dans l’histoire, une liberté d’échanges riche de promesses immenses, l’accélération des connaissances et des technologies. Pourtant, plus de deux milliards d’hommes, de femmes et d’enfants vivent dans l’extrême pauvreté. Pourtant, on meurt encore du choléra, de la tuberculose, du paludisme faute de soins. Le sida ravage des populations entières. Vague de fond inéluctable, la mondialisation de l’économie exige la mondialisation de la solidarité »,
J. Chirac le 22 mars 2002.

Au cours des deux mandats de Jacques Chirac à la présidence de la République, la France a poursuivi le même but : faire vivre à l’échelle du monde l’ambitieuse devise qu’elle s’est choisie : liberté, égalité, fraternité. Considérant que la mondialisation peut être source de progrès pour tous à condition d’être maîtrisée et humanisée, la France se doit de veiller sans cesse à placer la générosité et la solidarité au cœur des relations internationales.

C’est cet impératif qui a notamment conduit le président Chirac, depuis le sommet du G8 à Lyon en 1996, à multiplier les initiatives en faveur de l’annulation de la dette des pays les plus pauvres notamment africains (comme en juillet 2005 au Sommet du G8 à Gleneagle). C’est ce souci de solidarité qui l’a amené à proposer une plus grande ouverture des institutions internationales en faveur de ceux-ci. C’est à cause de l’idée qu’il se fait de la responsabilité incombant à un pays comme la France qu’il a pris l’initiative d’un ambitieux plan de relance de l’aide au développement. C’est avec ce même souci d’humanisation de la mondialisation qu’il a imaginé des sources de financements innovantes et pérennes pour lutter contre les grandes pandémies, véritables tragédies humaines, mais aussi puissants freins au développement. Grâce à une action diplomatique intense, ces initiatives, accueillies d’abord avec un certain scepticisme, ont fini par emporter l’adhésion de pays de plus en plus nombreux.

Créer des sources de financements innovantes pour le développement

« Pour permettre la réalisation des objectifs de développement du Millénaire, il faudrait au moins doubler l’aide publique au développement. Ce serait légitime, politiquement et moralement. Et pour ce faire, on ne peut pas imaginer que cette aide publique au développement soit uniquement d’origine budgétaire. Donc, il faut trouver des nouveaux moyens, des financements innovants, une taxation internationale pour apporter les ressources indispensables », J. Chirac, le 3 décembre 2005.

Pour placer la solidarité au cœur de la mondialisation, le président Chirac a fait de la création de nouvelles contributions financières internationales un combat personnel, notamment lors de l’Assemblée générale de l’ONU en juin 2005. Depuis toujours, Jacques Chirac estime que seules de nouvelles contributions financières internationales innovantes sont de nature à réduire la pauvreté, favoriser le développement et financer les biens publics globaux tels que l’environnement, la santé publique, ou les ressources rares. En s’impliquant personnellement, il a fait en sorte que la France agisse avec une détermination sans faille pour l’institution d’un Fonds mondial pour la santé et la création d’UNITAID.

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Pour mieux coordonner l’action contre des fléaux qui touchent la planète, Jacques Chirac a pris des initiatives qui ont inspiré la communauté internationale, notamment dans le domaine de la lutte contre le sida et les grandes pandémies. C’est la proposition faite par le président Chirac à Abidjan, dès le 7 décembre 1997, de créer un fonds de solidarité thérapeutique international, afin de faciliter l’accès des populations les plus pauvres aux traitements. Fonds qui a permis, en juillet 2001, de créer le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Par ailleurs, lors du sommet du G8 à Evian, en juin 2003, Jacques Chirac a pris l’engagement d’intensifier l’effort de la France dans la lutte contre le sida. En 2005, la contribution française au fonds mondial a triplé pour atteindre 150 millions d’euros, 225 en 2006, et 300 pour l’année 2007, ce qui a permis à la France d’être le deuxième contributeur annuel au Fonds, derrière les États-Unis et le premier contributeur européen.

Photo Barque

Pour Jacques Chirac, la France doit être exemplaire et prendre la tête d’une mobilisation mondiale pour le développement.

Augmenter année après année l’aide publique au développement

« Après des années où a prévalu l’illusion que la mondialisation de l’économie suffirait à résoudre tous les problèmes du développement, la communauté internationale admet, enfin, l’exigence de solidarité »,
J. Chirac, le 28 février 2006.
La France a fait siens les Objectifs du Millénaire du développement, adoptés à l’unanimité par la communauté internationale, lors de l’ouverture de la 55e session de l’assemblée générale de l’ONU en septembre 2000. Ceux-ci prévoient notamment, à l’horizon 2015:
la réduction de la moitié de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté,
la scolarisation dans le primaire de tous les enfants,
la réduction des deux tiers de la mortalité infantile.
Pour réaliser ce programme extrêmement ambitieux, le Président Chirac s’est engagé, notamment en 2002 au Sommet de Monterrey, à ce que la France donne « plus et mieux » pour l’aide au développement. Aussi sous sa présidence et en dehors de la période de « cohabitation » entre 1997 et 2002, les moyens budgétaires ont été en augmentation régulière. L’objectif assigné et atteint par le Chef de l’Etat a été de porter l’aide publique française au développement à 0,5% du revenu national brut en 2007. Puis, que celle-ci atteigne 0, 7% en 2012, objectif par ailleurs récemment repoussé à 2015.
Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la France était en tête de l’Union européenne et du Groupe des pays les plus industrialisés (G7) dans le domaine de l’aide, en pourcentage de sa richesse nationale. Il faudrait rester vigilant afin que cette position soit maintenue malgré la crise économique mondiale que nous traversons actuellement : une politique de diminution de l’aide aux pays les plus pauvres les fragiliserait et déstabiliserait un peu plus les relations internationales.


Pour piloter les interventions des divers acteurs du développement, la France a conduit en 1998 puis en 2004 une profonde réforme de son dispositif d’aide au développement. Cette réforme s’est traduite par la création d’instances nouvelles, comme le comité interministériel de la coopération internationale et du développement, et la rénovation des institutions qui en assurent la mise en œuvre.

La création d’UNITAID. Le Président Chirac est aussi à l’initiative de la création d’UNITAID, qui est l’aboutissement d’un long effort de la communauté internationale pour mobiliser une part des ressources créées par la mondialisation au service du développement.
UNITAID, officiellement lancée le 19 septembre 2006 à New-York – en marge de la session d’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies par les représentants des cinq pays fondateurs : France, Brésil, Chili, Norvège, Royaume-Uni, en présence de Kofi Annan, ancien Secrétaire général des Nations Unies – est un instrument au service du développement pour :

  • lutter contre les trois plus importantes pandémies qui frappent les pays en voie de développement, et notamment le continent africain (tuberculose, VIH/Sida, paludisme) ;
  • apporter une source de financement stable, régulière et prévisible pour favoriser la diminution du prix du médicament par un impact sur le marché et renforcer les systèmes de santé publique des pays en développement
  • faciliter l’accès des plus démunis aux médicaments.

UNITAID est le résultat d’un travail diplomatique patient et résolu : en 2004, plus d’une centaine de pays ont adhéré à la Déclaration de New York sur l’action contre la faim et la pauvreté. Le 14 septembre 2005, aux Nations Unies, 79 pays ont entériné la Déclaration sur les sources innovantes de financement du développement.
La conférence de Paris (du 28 février au 1er mars 2006) a permis la création d’un groupe pilote de 44 pays qui se sont engagés à travailler en faveur de la mise en œuvre de ces financements à court terme.

Et pour que les paroles soient suivies par des actes, la France a montré l’exemple et affecté à UNITAID, depuis le 1er juillet 2006, le produit de la contribution solidaire sur l’achat de billets d’avions. A ce jour, cette contribution de solidarité est entrée en vigueur dans 11 pays et a permis à Unitaid d’engager plus de 500 millions de dollars dans 80 pays bénéficiaires et de financer, ainsi, les trois quarts des traitements prodigués aux enfants atteints du Sida dans le monde.

Au travers de sa Fondation, Jacques Chirac poursuit toujours cette ambition de régulation de la mondialisation pour bâtir une société internationale plus juste, plus harmonieuse et plus respectueuse de notre planète.
Ainsi, encore récemment, à l’occasion d’une Conférence sur l’eau à l’Unesco, le Président Chirac a rappelé l’impérieuse nécessité de maintenir l’effort des pays développés en matière d’aide au développement : « Il faut, bien sûr, poursuivre l’effort de l’Aide publique. Je réaffirme solennellement que l’objectif de 0,7 % du PIB consacré à l’aide au développement doit être maintenu. L’effondrement des crédits d’aide, dans la quasi-totalité des pays du Nord, est une honte, une faute morale et une erreur stratégique. Ce que nous ne donnons pas aujourd’hui, nous sera compté demain », J. Chirac, le 13 novembre 2008


« Crise alimentaire : des solutions existent , Les ingrédients d’une crise majeure sont réunis. La communauté internationale doit se mobiliser au plus tôt pour la surmonter, explique l’ancien président de la République.
Afrique, Asie, Amérique latine, Caraïbes : la carte des « émeutes de la faim » s’étend chaque jour. Le monde est confronté au spectre des grandes famines alors même qu’il traverse une crise financière dangereuse…. Lire la suite

Discours : Le financement du développement

Devant l’assemblée plénière / Monterrey – Mexique / vendredi 22 mars 2002

Hier encore, l’ordre du monde était figé par l’affrontement des blocs, qui menaçait la paix et la liberté.
Cette fracture aujourd’hui résorbée, le monde peut s’engager enfin dans l’accomplissement d’une destinée commune.

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Discours : Les nouveaux financements du développement

A l’occasion de la Conférence internationale de Paris / PALAIS DE L’ÉLYSEE / mardi 28 février 2006

Avec la mondialisation, nous vivons une révolution de l’ordre international.
Avec la libéralisation des échanges et des investissements, avec les avancées de la science et de la technologie, le monde connaît un cycle de croissance exceptionnel par son ampleur et par sa durée.

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