LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Paris, le 17 octobre 2000

Depuis l’appel du Père Joseph WRESINSKI, ici même il y a 13 ans, vous vous réunissez, chaque 17 octobre, pour affirmer votre conviction que la misère n’est pas inéluctable et témoigner votre solidarité avec ceux qui la combattent. Votre mobilisation inlassable et déterminée a permis de redonner dignité et confiance en l’avenir aux plus déshérités ; elle a sensibilisé davantage l’ensemble des Français à leurs souffrances matérielles et morales ; elle a permis de donner à notre solidarité un visage plus humain et plus fraternel. Parce que vous avez ainsi fait de la dignité de l’homme le coeur du combat contre la misère, votre action a eu une portée encore plus inestimable. Je veux à nouveau vous en remercier. Notre pays possède, en effet, une tradition d’entraide qui est au coeur de notre protection sociale. Mais, mieux que d’autres, vous avez compris et exprimé le besoin de plus de solidarité de celui qui perd progressivement tout lien avec sa famille, avec son entourage, avec la société et qui ressent au fond de son être la souffrance de sentiment d’inutilité. Grâce à vous, une réflexion s’est engagée il y a maintenant plusieurs années qui a posé les bases d’une loi faisant de la lutte contre les exclusions et de la reconnaissance de l’égale dignité des hommes des impératifs nationaux. Votre expérience et votre mobilisation doivent permettre de donner à la mise en oeuvre de ces objectifs leur pleine efficacité. Je pense, par exemple, aux domaines du retour à l’activité et à l’accès au logement où beaucoup reste à faire. Vous qui allez chaque jour au contact des plus démunis, vous qui savez leur soif de reconnaissance, d’engagement et de responsabilités, vous qui leur donnez la parole, vous devez rester les vigies et les éclaireurs d’un combat malheureusement toujours d’actualité mais qui, grâce à vous, est devenu celui de tous les Français.

Jacques CHIRAC