ALLOCUTION DE MONSIEUR JACQUES CHIRAC

PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

A L'OCCASION DE LA VISITE D'UNE DELEGATION

DES "FORCES VIVES" DE LA REGION LIEGEOISE

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Palais de l'Elysée

Le lundi 3 Juin 1996 -

Monsieur le Ministre,

Mesdames, Messieurs,

Madame, puisque je vois qu'il n'y a qu'une seule dame représentative de Liège, c'est un plaisir pour moi de vous accueillir aujourd'hui à l'Elysée, c'est d'accueillir en vous les plus éminents représentants de la région liégeoise, et je vous souhaite de tout coeur la plus cordiale des bienvenues

Je suis heureux de vous rencontrer, d'abord parce que l'occasion qui nous réunit marque un temps fort dans l'histoire de notre coopération, l'histoire ancienne de notre coopération. Depuis ce matin, en effet, une liaison par train à grande vitesse relie Liège à Paris via Bruxelles. Deux liaisons de ce type interviendront désormais quotidiennement. Certes, pour l'instant, le gain de temps est modeste, puisqu'il n'est que de quinze minutes. Mais il sera de plus d'une heure en 1998 et d'une heure trente en 2002, ce qui est alors de nature à changer réellement les choses.

Il s'agit là du résultat d'un combat liégeois engagé notamment par le Comte Pierre Clerdent, et par les forces vives de Liège regroupées au sein de l'Association Liège 2000.

Ce combat a été poursuivi avec succès par, vous-même, monsieur le ministre.

Et je voudrais saluer tous ceux qui ont contribué à cette réalisation qui va faciliter considérablement la communication entre nos deux régions. Elle s'inscrit pleinement dans le programme des grands réseaux de transport qui a été lancé par le Conseil Européen, puisque la section Paris-Liège rejoindra à terme Cologne et le réseau à grande vitesse allemand.

Mais au-delà de cet événement, si important soit-il, et il l'est pour nous et pour vous, je voudrais surtout vous dire,vous dire ce que vous savez et confirmer, que Liège occupe une place à part dans le coeur des français.

Ces liens ont été tissés par l'histoire, longue histoire. Dans toutes les épreuves, vous avez été, vos parents ont été à nos côtés. La Légion d'Honneur collective remise à Liège par le Président Poincaré en 1919, en présence du Roi Albert et du Maréchal Foch, était un hommage à la résistance héroïque des Liégeois en 1914. Une résistance qui se manifesta à nouveau pendant la deuxième guerre mondiale. Et je voudrais rappeler cette phrase du Président Georges Pompidou, dont je fus très proche, vous le savez peut-être, prononcée lors de sa visite à Liège en 1971 à propos des relations d'amitié entre la France et les Liégeois, il disait : "Jamais autant qu'ici je n'ai senti battre les coeurs".

Dans le prolongement de cette fraternité d'armes, Liège est aujourd'hui l'un des fers de lance du mouvement francophone. C'est une région qui fait honneur à la culture française, au sens le plus international du terme. A Liège la vie culturelle est très dense dans tous les domaines, musique, opéra, musées, théâtres, cinéma et bien d'autres manifestations encore. Les coproductions avec la France sont très nombreuses : je citerai pour exemple l'exposition Olivier Debré ce mois ci, et l'année prochaine les manifestations prévues pour marquer le soixante quinzième anniversaire de la mort de Proust.

Sur le plan économique, les relations entre nos deux régions sont excellentes, puisque la France est le premier investisseur étranger dans la province de Liège, l'un de ses principaux fournisseurs et son premier client. Cent quatre vingt neuf entreprises françaises travaillent à Liège et y emploient plus de huit mille personnes.

C'est dire, au-delà des intérêts réciproques, l'estime, l'amitié, je dirai l'affection que nous éprouvons les uns pour les autres, et qui sont d'ailleurs, je le sais, très bien comprises par les autorités belges. Aujourd'hui, ce ne sont pas des visiteurs étrangers qui sont présents à l'Elysée mais, on peut le dire des amis, et comme vous le disons dans notre association internationale des maires francophones, des frères.

Alors, je vous remercie Monsieur le Ministre, mesdames, messieurs, de votre présence. J'y suis sensible. Je suis heureux de vous accueilir et je vous invite, si vous le voulez bien maintenant à lever le verre de l'amitié, mais aussi de la prospérité pour les relations entre Liège et Paris.