MESSAGE ADRESSÉ PAR MONSIEUR JACQUES CHIRAC PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE À MONSIEUR PATRICK GOHET À L'OCCASION DU CONGRÈS ANNUEL DE L'UNAPEI

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Chers amis,

Je suis très heureux de saluer, comme chaque année, les participants au congrès de l'UNAPEI. Moment privilégié de convivialité et de rencontres, ce rendez-vous sera à nouveau l'occasion de marquer le chemin qu'il reste à parcourir pour faire progresser la reconnaissance du handicap dans notre société.

Je connais les préoccupations et les attentes de vos familles. Je sais aussi avec quelle détermination l'UNAPEI s'attache à les épauler et à soutenir leurs demandes.

Pour chacun d'entre vous, j'aurai aujourd'hui une pensée affectueuse. Sachez que je reste à vos côtés pour soutenir une cause que, depuis bien des années, je considère comme l'une des plus justes, tout simplement parce qu'elle concerne les plus vulnérables d'entre nous.

Certes, le regard sur le handicap, notamment sur le handicap mental, a changé au cours de ces dernières années. Notre société est devenue plus accueillante, plus ouverte à la différence. Nous avons appris à découvrir la sensibilité, la créativité, le courage de celles et ceux qui pourtant souffrent d'un handicap.

Cette évolution, les associations telles que la vôtre, avec leurs professionnels et leurs bénévoles au dévouement remarquable, y ont très fortement contribué. Il est juste de saluer comme vous le faites, à l'occasion de ce congrès, l'année où nous commémorons le centenaire de la loi de 1901, le rôle essentiel joué par le monde associatif pour favoriser l'accès à la citoyenneté des personnes handicapées.

Les politiques publiques ont encore beaucoup à faire pour bien accompagner cette évolution.

Trouver une solution scolaire adaptée au handicap de chaque enfant demeure bien souvent un véritable parcours du combattant. Notre pays ne parvient pas à satisfaire les demandes des familles, si souvent désemparées, en matière d'accueil et de prise en charge des personnes jeunes ou adultes lourdement handicapées. Il faut mieux satisfaire la demande d'hébergement en institution, nécessaire dans nombre de cas, et accompagner le plus loin possible celles et ceux qui sont accueillis dans des entreprises adaptées. Enfin, notre société doit se pencher sur la situation des personnes handicapées vieillissantes, dont le sort préoccupe tant les familles, et auxquelles il faut proposer des solutions dignes et humaines.

Toutes ces attentes, qui sont si souvent formulées, soulignent la nécessité d'une politique globale, dont l'ambition, comparable à celle qui portait les grandes lois de 1975 et de 1987, sera d'offrir à nos compatriotes qui souffrent d'un handicap la possibilité de s'intégrer pleinement dans la cité.

Le temps est venu de compenser le handicap, de mieux accueillir parmi nous les personnes qui en souffrent, de les aider à valoriser toutes les ressources dont elles sont porteuses et qui nous font croire en l'homme.

Nous avons tous beaucoup à gagner dans ce combat pour la dignité qui est le vôtre depuis tant d'années et dans lequel vous pouvez, vous le savez, compter sur mon soutien fidèle et déterminé.

Je vous remercie.

Jacques CHIRAC