Allocution du Président de la République lors de la présentation des voeux du gouvernement.

Allocution prononcée par M. Jacques CHIRAC, Président de la République, à l'occasion de la présentation des voeux du gouvernement.

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Palais de l'Élysée, le vendredi 3 janvier 2003

Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les ministres,

Vous le savez, c'est dans la confiance des Français, le Premier ministre l'a rappelé, que le Gouvernement puise sa force, sa puissance d'action et sa capacité de convaincre. Cette confiance n'est jamais donnée à l'avance. Il faut constamment la mériter.

En vous efforçant de répondre vite aux attentes les plus pressantes de nos concitoyens, vous avez su d'emblée conquérir cette confiance. Vous la conforterez en vous référant toujours à l'intérêt général des Français et en continuant à agir avec coeur, avec intelligence et avec détermination.

Sous votre conduite, Monsieur le Premier ministre, mon Cher Jean-Pierre, fort de l'entier soutien du Parlement, en union avec la majorité, l'équipe gouvernementale, fidèle aux engagements que j'ai pris devant les Français, a mis en oeuvre, dès son entrée en fonction, les mesures d'urgence qui s'imposaient pour rétablir l'autorité, faire reculer l'insécurité, alléger l'impôt, libérer les énergies, encourager l'entreprise, soutenir la création d'emplois et faire progresser le pouvoir d'achat, notamment celui des Français les plus défavorisés. Vous avez su vous montrer à l'écoute, attentifs au dialogue social, proches des préoccupations de nos concitoyens. Les bases d'une nouvelle architecture des pouvoirs ont été jetées pour élargir, ce qui est nécessaire, les libertés locales.

Les fondations sont donc posées. C'est le socle sur lequel le Gouvernement va devoir construire en 2003, poursuivant et amplifiant son action de réforme.

Les attentes des Français demeurent immenses. Il reste devant nous beaucoup de choses à faire sans lesquelles rien de ce qui a été entrepris ne serait durable.

Beaucoup de nos compatriotes avaient désespéré de la République, d'une certaine façon. Ils l'ont dit le 21 avril dernier, avant de se rassembler massivement pour la défendre le 5 mai.

Par votre action, il vous incombe de démontrer aux Français qu'ils sont entendus et compris par le Gouvernement. Quelles que soient leur situation et leur place dans la société, il est essentiel qu'ils puissent constater une amélioration réelle de leurs conditions de vie, qu'il s'agisse de la sécurité, de l'emploi, de l'école, du logement ou de l'accès aux soins. Une amélioration face aux menaces de toute sorte qui pèsent sur leur environnement. Et, hélas, la période est bien là pour qu'on l'évoque aujourd'hui, nous le ferons tout à l'heure au Conseil. C'est ainsi que vous serez fidèles à l'ambition populaire qui porte la politique de la nation.

Il vous appartient de rendre à tous les Français leur espérance dans la République, et de faire que ses valeurs, qu'elles aient pour nom liberté, égalité ou fraternité, ne soient plus, en quelque sorte, un idéal lointain ou inaccessible, mais deviennent une réalité pour tous.

Je vous demande d'être également mobilisés pour la mise en oeuvre des trois chantiers que j'ai ouverts avec vous l'an dernier : la lutte contre le cancer, la place des personnes handicapées dans la société et le combat que nous devons mener pour faire reculer la violence routière.

En étant efficaces, mus par un esprit de justice et d'équité, fermes dans la volonté de faire respecter les règles de la vie en société, mais aussi ouverts au dialogue et attentifs aux interrogations qui s'expriment, vous conforterez le pacte français, que vous évoquiez tout à l'heure Monsieur le Premier ministre, c'est-à-dire le sentiment d'appartenance à la nation. Une nation forte, protectrice, unie, solidaire. Mais aussi une nation en mouvement, abordant avec confiance la nouvelle étape qui s'ouvre devant elle.

Au cours des dernières années, la force d'attraction du modèle français s'est affaiblie. Nos solidarités se sont relâchées, notre cohésion nationale a été mise à l'épreuve. Faute de nous donner les moyens de la réussite économique, nous avons perdu des places dans la compétition internationale. A terme, c'est l'emploi, c'est le revenu des Français qui étaient menacés. Nous ne pouvions pas continuer dans cette direction.

Dans le même temps, le monde s'est engagé dans une accélération sans précédent des échanges internationaux, la France a su s'ouvrir davantage sur l'Europe, et l'Union européenne a entrepris de s'élargir aux dimensions d'un continent. C'est un facteur de paix, de démocratie, de stabilité et de prospérité dans un univers qui demeure marqué par tant de tensions, de misère et de violence.

Dans le nouvel espace qui s'offre désormais à nous, nous avons de grands atouts. Le dynamisme des Français, la qualité de leur formation, leur esprit d'innovation, de créativité nous donnent vocation à occuper pleinement le rang que nous assignent tant l'histoire que notre situation privilégiée en Europe.

Cela n'ira pas sans exigences : engagement, travail, enthousiasme, ambition, une ambition partagée par nos compatriotes.

Nos efforts pour assurer la sécurité, garantir la solidarité, libérer l'initiative et encourager l'innovation devront être poursuivis sans relâche.

Les Français doivent affronter sans crainte les obstacles qui freinent l'élan de la nation. Il appartiendra au Gouvernement de rechercher en permanence le juste équilibre entre l'intérêt général et la place à donner à chacun et à ses attentes. A condition d'aborder lucidement nos problèmes, notre pays est parfaitement capable de les surmonter, qu'il s'agisse des risques qui pèsent sur la retraite par répartition, des retards pris dans la modernisation de l'État et du secteur public, ou des lenteurs ou des nécessités d'adaptation de notre système éducatif. Tout cela peut être réglé. Les efforts nécessaires sont d'autant plus à notre portée qu'ils seront équitablement partagés. Cet impératif de solidarité et de justice entre les Français, un impératif dont je suis le garant, devra continuer à guider votre action.

Notre pays ne pouvait plus s'accommoder d'attendre, comme si aucune urgence ne le pressait d'agir. Tout retard supplémentaire dans l'action de réforme aurait pour conséquence non seulement de neutraliser la capacité d'initiative des Français, de contrarier les forces de dynamisme qui sont à l'oeuvre dans notre société et d'affaiblir nos solidarités, mais encore de compliquer et d'alourdir les mesures à prendre tôt ou tard pour traiter les vraies difficultés.

Il faut avancer, en assumant pleinement notre responsabilité vis-à-vis des Français, avec le souci d'expliquer, de dialoguer et de convaincre.





La France a besoin d'une action résolue. Celle que vous conduisez depuis que vous êtes en mission pour la servir est parfaitement adaptée. Cette action devra se déployer dans un esprit d'équité, de cohérence et surtout de continuité.

A vous-même, Monsieur le Premier ministre, à l'ensemble des membres du Gouvernement, j'adresse avec beaucoup de confiance et aussi beaucoup d'amitié, mes voeux les plus sincères de pleine réussite pour l'action que vous conduise. Et à chacune et à chacun d'entre vous, bien sûr, à vos conjoints également, à toutes vos familles et à vos proches, je souhaite chaleureusement une très heureuse année 2003.

Je vous remercie.





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