Propos final du Président de la République à l'issue de la XXIIe Conférence des chefs d'État d'Afrique et de France.

Propos final de M. Jacques CHIRAC, Président de la République, à l'issue de la troisème séance de travail de la XXIIe Conférence des chefs d'État d'Afrique et de France.

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Paris, le vendredi 21 février 2003

Au moment où s’achèvent nos travaux, je voudrais en tirer quelques conclusions et vous faire part des suites que la France se propose de leur donner.

Un constat s’impose, celui de votre mobilisation au service de cette renaissance africaine qui doit marquer le XXIème siècle.

Mobilisation pour la sécurité et la paix. Vous en avez fait le premier objectif du NEPAD, car il est la clé de tous les autres. Nous sommes décidés à soutenir votre engagement pour prévenir les crises et les surmonter, en récusant la violence, en appelant les protagonistes au dialogue, en faisant jouer tout leur rôle aux mécanismes régionaux, en appelant la communauté internationale à soutenir la reconstruction et le retour à la paix. Et les difficultés qui surgissent, hélas, dans certains pays, ne doivent pas occulter les perspectives de règlement de conflits qui se dessinent sur la base de ces principes.

C’est d’ailleurs sur cette base que les représentants des forces politiques ivoiriennes sont parvenues à un accord à Marcoussis, le 24 janvier 2003. Vous avez, tous, exprimé votre préoccupation sur la persistance d’une situation qui continue de menacer l’unité du pays et la stabilité de la région. Vous avez renouvelé, ici, votre appel pour engager toutes les parties ivoiriennes à renoncer à la violence et à mettre en oeuvre sans plus tarder toutes les mesures d’application de cet accord, dont la première est la constitution d’un gouvernement d’Union Nationale, dirigé par M. Seydou DIARRA. Vous avez confirmé que seule l’application intégrale et de bonne foi de cet accord permettrait le retour durable de la paix et la réconciliation nationale.

Notre attachement à la paix, nous l’avons rappelé aussi, en adoptant la déclaration à propos de l’Iraq qui confirme les principes énoncés par l’organe central de l’Union Africaine.

Nous avons réaffirmé la nécessité de dynamiser le processus de paix au Moyen-Orient. Rappelant l’objectif de la création d’un Etat palestinien aux côtés d’un Etat israëlien garanti dans ses frontières, nous avons appelé à la mise en oeuvre de la feuille de route approuvée par le quartet.

Mobilisation pour réaliser les objectifs du Millénaire, lutter contre la pauvreté et accélérer la croissance. C’est tenir les engagements dans le domaine de la santé, en particulier pour prévenir le SIDA et soigner les malades. C’est faire preuve du même volontarisme en matière d’éducation. C’est mettre en place des plans intégrés de gestion de l’eau, doublant l’accès des populations qui en sont privées à l’eau potable. C’est donner à l’agriculture africaine les moyens d’assurer la sécurité alimentaire du continent, de développer aussi les cultures d’exportation, importante source de devises. J’ai présenté à ce titre des propositions qu'avec votre appui, je défendrai auprès des pays européens et industrialisés.

Mobilisation pour réussir le combat du développement durable et pour intensifier la lutte contre le terrorisme international.

A cette mobilisation de l’Afrique, il faut que réponde la mobilisation de la communauté internationale, à commencer par celle des pays du G8. A Gênes, le caractère novateur et prometteur du NEPAD a été reconnu. A Kananaskis, un plan d’action a été élaboré. Il affirme que nul pays africain engagé dans la réalisation des objectifs du NEPAD ne doit manquer de ressources pour les atteindre. La prochaine étape, c’est donc Evian où cet engagement réciproque doit commencer à être appliqué. Dans cette perspective, j’ai demandé à M. CAMDESSUS, mon représentant personnel que vous connaissez et estimez tous, de se rapprocher de vous afin que notre mobilisation collective se traduise par des projets concrets.

Avant de nous séparer, je voudrais vous redire tout le plaisir que j’ai eu à vous accueillir et vous remercier de tout l’intérêt que vous avez pris à nos travaux, dont je me propose de rendre compte maintenant dans un point de presse.

Dans deux ans, nous aurons la chance de nous retrouver à Bamako et je remercie le Président du Mali de nous y avoir conviés, ce qui, bien entendu, a recueilli l'assentiment de tous.

Je vous remercie.





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